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IMPERMANENCE... Dans le filet de la MAYA...

"Un homme, du seul fait qu'il est né, tombe dans un rêve comme on tombe à la mer."(J.CONRAD)

PANNE D' ESSENCE...

 

 

                                      Doisneau28

 

   «Prends ton sac, on se tire !». Ça l’avait prise tout d’un coup. Laisser mes nains de jardin, y'avait pas de doute: c’était le merdier !
La Belle avait l’air bien décidé. Un seul refrain depuis ce matin: tout plaquer pour le Grand Sud: «Toi j’sais pas mais moi j’ai la moule en détresse: lui manque le sel, l’iode etDoisneau03 un grand bac à sable pour me poser le derche et compter les’tits bateaux, sur l‘eau et tatati et tatata…. Ton gazon est maudit avec ces sept cloches en plâtre, de vrais cornets àDoisneau26 frites, des têtes à baignes toujours à la ramener, à longueur de journée, à te casser les étagères à crayon. Va falloir qu’ tu fasses le ménage ou tu resteras un bail sans becquetance question bergère. Y’a pas une régulière qui voudra de toi, ça c’est sûr !» 

  Ah! C’était un sacré numéro la Lulu: pour elle, l’homme était, je cite, "Simplement un branque, un gland tout juste bon à vider la poubelle, à se dégorger le poireau."
 

 Doisneau42 Il y avait eu une réunion extraordinaire au sommet du G7, le Garden7. La situation préoccupait évidemment nos amis du jardin et Timide prit comme à l‘accoutumée la parole: «Je me charge du dossier: la frangine nous prend pour des braques, des loufs.Doisneau05  J’vais te la délocaliser moi la greluche, elle va en bouffer du grain de sable. Va falloir sortir le grand jeu, la sulfateuse si nécessaire: quelques bastos dans le buffet, ça remet les illuses en place.»
 

Nous quittâmes alors la maison. Elle ne put, pour l' occasion, s’empêcher de lâcher une de ses tirades favorites: «Y’a pas deux endroits comme ça dans le monde et manque de cul, j’suis tombée en panne d’essence juste devant ! Et dire que j’ai failli prendre perpète ! Enfin, inutile de gamberger: aujourd’hui on se la joue cassos: à nous le parasol, les nibbars à l’air et les cannes au soleil: un vrai panard !»
C’était sans compter sur la pugnacité de mon ami et frère Timide qui, avec l’aide des six autres comparses, avait réussi à s’accrocher au pare choc de la décapotable et à se hisser sur la plage arrière. 
Je pouvais croiser son regard dans le rétroviseur, bonnet au vent du nord et barbe barrée à l’ouest.
 Doisneau18 Lulu n’avait pas fait cas du scénario: nous partions à trois au pays des coquillages et crustacés.
Nous sommes arrivés en fin d’après-midi et la Belle voulut aller poser sa serviette prés du Grand Bleu. Au bout d’une heure, Timide, qui était resté en planque dans le coffre de la voiture, se mit à ramper jusqu’à moi:
«Regarde Krish, la gisquette a les vasistas qui se ferment, elle va sans doute piquer un roupillon, on va s’éclipser en laissant Blanche-Neige. Cassos ! On met les bouts…».
  Et nous l’avons plantée là, seule avec sa serviette.Doisneau30
C’est Timide qui conduisait au retour: je n’avais vraiment pas la tête à çà. Cette histoire m’avait tout retourné.

«Cesse de gamberger, y’a pas à tartiner. Ce n’était pas une souris pour toi. Elle avait la raie un peu trop publique. Elle t’aurait clamser le palpitant en moins de deux.»
Il avait certainement raison avec sa façon à lui de le raconter.
Nous avons regagné la maison à la nuit tombée et les six autres étaient là, anxieux et impatients de connaître le dénouement de l’histoire.
Notre retour fut fêté à la hauteur de l’évènement même si pour ma part, le cœur n’y était pas.

  Nous avons reçu des nouvelles de la Belle, une semaine plus tard: une carte postale.image_15574-2
Timide était le premier à l’avoir lue. Il me la tendit en lâchant son petit: « La Salope ! »
Ces quelques mots y étaient inscrits:

« Sans rancune mon Krish. Une ‘tite Brise de Palavas-les-flots. Te refile un dernier conseil: dégauchis-toi  six ou sept kilos de sel pour ton jardin, y parait que ça boulotte le plâtre …»                    

                Doisneau37

UN AMOUR COTON...

 

 

                                                        3KaterinaBelkina

« Je t’aime vraiment tu sais »…
    
Oui, cet Amour là doit être unique. Nous sommes seuls au monde, dans cette forêt, cette extraordinaire forêt où les racines des arbres sont tournées vers le ciel et le ciel, CE ciel… du vrai coton.
Elle sait tant  y faire, courant à travers les fougères, plongeant sous la cascade puis s’envolant en rasant les cimes de ces platanes centenaires.
 

  « Je t’aime vraiment tu sais »…
Toute la beauté du monde réside en cet endroit: plus de jour, plus de nuit, nous vivons, nous nous aimons, sans répit, simplement.
Un seul bémol: tous les jours à la même heure, ce drôle de type en blanc. On dirait que ça l’amuse de me soulever les paupières, de me braquer sa lampe, un coup à droite, un coup à gauche puis… nous laisser tranquille jusqu’au lendemain.
Cet endroit est une merveille, un paradis des dieux. Le temps n’y a pas suspendu son vol: le temps n’y existe pas.
Je le crois maintenant: j’ai bien tué le temps.arche_p1_oeilentree_jpg
Plus de passé, plus de futur; il ne me reste plus que le présent, un nouveau présent, un présent tout blanc.
C’en est fini de mes souvenirs, j’ai tout laissé derrière, pour oublier un instant, oublier tous ces instants et même ce soi-disant futur qui s’obstinait, jour après jour, à vouloir ressembler à tous ces jours sans lendemain.

Les sens s’emmêlent, les couleurs se fondent, le blanc est maître des lieux et j’ai l’Amour pour espérer, pour espérer jusqu’à ce fameux jour où ces racines deviendront lianes puis ces lianes tubulures.
Jusqu’à ce jour où cet arbre millénaire deviendra simplement pied à perfusion.
Jusqu’à ce jour où cette neige immaculée, ce blanc éblouissant sur notre  forêt enneigée se réduira en une banale paire de draps blancs, en une simple salle de  réanimation.
orphee  Jusqu’à ce jour où mon « Je t’aime vraiment tu sais » croisera ces doux yeux écarquillés d’infirmière étonnée.
 

C’était risiblement en automne que je suis tombé de l’arbre. Mais je n’ai jamais réellement touché le sol, enfin… pas encore.
Alors je reste là, dans ce refuge aseptisé avec ma Belle Princesse et sa forêt enchantée.
Deux semaines déjà, deux semaines de bonheur, de ballades, de baignades, d’Amour démesuré.

  Je sais qu’il va falloir revenir de ce côté-ci en regagnant d’un pas silencieux l‘orée de cette forêt. Je sais qu’ils veulent me ranimer, me ramener auprès d’eux.
  

Mais laissez-moi douter  de cette réalité, douter du bon choix de la clairière.
  Mais laissez-moi douter du bon sens de cette vie et de ma motivation à suivre ce chemin imposé.
  

    Nous ne savons pas, voilà une certitude.
                      Je ne sais plus, voilà mon présent.

                                     varner1

Enculé ! Enculé !

 

 

01

 

                        J’étais sous le charme, tout simplement. Ses premiers mots promettaient: « Enchantée de faire votre connaissance, Krish c’est bien ça ? Enculé ! Enculé !»
 Surpris puis intrigué, j’acquiesçais: Krish était bien mon nom et pour le reste, pas encore…
 Elle ne se grattait pas le nez, rotait qu’en extrême urgence, et pour … en tout cas ça ne sentait pas. Mais question mots orduriers, c’était une reine !
 Folie « C’est la Tourette mon Krish, une  enculée! Enculée!  de maladie. La coprolalie, je te dis, la coprolalie… »
    Nos sorties nocturnes relevaient du parcours du combattant: la plupart des gros costauds ne supportaient pas le langage peu châtié de la Belle et sous un facétieux prétexte suivant lequel "ils ne frapperaient jamais une dame", c’est votre bon Krish qui devait en assumer toute la responsabilité.

 Les urgences de nuit clôturaient trop souvent nos fins de soirée.
  J’en pris pourtant mon parti: la princesse Arletty avait un je ne sais quoi de troublant, une"drôle d’atmosphère, d’atmosphère" planait autour de ce personnage.


    Mais un certain « Enculé ! Enculé ! »  fut de trop ce fameux soir au relais des routiers.
 En entrée, toujours la même histoire, tout comme le plat du jour mais, cette fois, avec un noyau de cerise sur le gâteau pour le dessert: THE camionneur, THE BIG déménageur OF service :
  Un dialogue en trois temps: le strict minimum mais… efficace:

 Elle:« enculé! enculé! »
 Mr T:« C’est à moi que vous causez ma ‘tite dame ? » 
 Elle:« Mais non… enculé ! enculé ! »
  Bien sûr, je m’interpose et… Ah! L’enculé ! Deux jours d’hosto pour un simple malentendu. C’en était trop. Alors nous avons migré vers Marseille, la région se prêtait mieux au problème. Un ou deux " enculés ", le mot comme le nombre importait peu.
    Le bonheur y fut… au rendez-vous, comme le mariage fort réussi avec un double consentement agrémenté d’un « oui… enculé ! ». Mr le curé était pour nous aux petits oignons et nous servit un doux « je vous unis par la grâce du Père, p’tits merdeux ! ».
L’histoire fut belle et l’union donna naissance à  deux amours: un ‘tit enculé et une ‘tite merdeuse.
 Et même si cette E… enfin cette La Tourette est entrée dans sa vie, nous le savons, nous, ses trois Amours, que son « Je vous aime plus que tout… enculé(s) ! Enculé(s) ! » est le plus émouvant des cris d’Amour. 

 Gros ou beaux, les mots sont là pour nous émouvoir.
Un « je t’aime mon Amour » peut-être vulgaire si la tromperie s’en mêle.
Un « T’es choucard p’tit merdeux » peut vous faire vaciller si l’œil malicieux devient enchanteur.
  Moi, j’en ai pris mon parti: l’Amour est là alors, pour les mécontents, tiens: « bande d’enculés ! »

             gd4

SEX, DRUGS AND RABBITS...

 

 

    largethumb_106319 Pelle en main, je l’attendais. Fatalement il devait sortir et je serai là, prêt pour lui asséner le coup de grâce. Me libérer, en finir une fois pour toute, voir le bout du tunnel, dormir, enfin dormir...
  Me réveiller tout en douceur, oublier ces cauchemars, ces moments de panique, ces harcèlements nocturnes, l’oublier lui et sa famille trop nombreuse....

   Krishmer n’en pouvait plus:« le lapin sera civet ! »
  Mon potager était devenu un vrai champs de bataille. Non pas que ce gibier là venait se servir impunément pour se bâfrer de mes meilleures carottes: il n’était pas végétarien. Il retournait tout simplement mon jardin pour y planter quelques substances hallucinogènes bien évidemment totalement BUGS%20BUNNY illicites.  J’avais hérité de Bunnies-cool !
 

   Encore quelques instants et il devrait jaillir, oreilles dressées, pour me balancer son célèbre: « Eh ! Quoi d’neuf Krishmer ? » Et je serai là, prêt à l’écraser comme une crêpe au lièvre gascon, une terrine de chinchilla de Bosnie…
  Et le coup de pelle, je l’ai reçu, un vrai coup de foudre même: elle apparut, des oreilles belles comme seules les lapines angora peuvent avoir, des yeux de jade, un pelage d’une blancheur immaculée, et des pattes, des pattes ( quatre en plus…) quatre pattes longues et à en tomber sur le croupion. Et l’autre, carotte en bouche, qui grignotait en marmonnant: « Pas mal hein ? C’est mon aînée, Bunnyjane, alors quoi d’neuf Krishmer ? »

  lapin_009 Quoi d’neuf, quoi d’neuf, je venais de tomber sous le charme d’une jeune lapine, fille d’un autre lapin que je voulais absolument voir finir dans mon assiette… Dilemme !
 Je passerai sur les détails, suis pas là pour en faire tout un pâté… ni un civet.
 Elle finit par s’installer chez moi. Notre union n’entrait pas dans le cadre d’un PACS, le droit à la différence était une nouvelle fois bafoué.
Elle s’était fait son terrier très vite: ambiance cosy avec des coussins angora par dizaines, agrémentés de pompons, des « culs de lièvre » comme j’aimais les appeler pour la taquiner.
Ses occupations de lapine d’ intérieure se limitaient au minimum syndical. Rivée devantbugs2 la télé, assise sur une carapace de tortue, elle visionnait et revisionnait ses films préférés: Alice aux pays des merveilles, Bambi, toute la série des Tex Avery, des toon’s de la Warner Bros… Elle s’octroyait de temps en temps une mini pause pour aller jeter quelques fléchettes sur une cible à l’effigie de Maïté avec un disque de Chantal Goya en fond sonore. 
   Mais son inertie apparente disparaissait lorsque le soir tombait et je peux enfin vous le confirmer: la réputation  d’extraordinaires reproducteurs chez les lapins n’était vraiment pas volée ! L’Acte en soi était un devoir: chez les Bunnies-cool, celui qui n’est pas à la hauteur, n’est pas digne d’entrer dans la famille.
  Tous les stratagèmes étaient bons pour vérifier l’aptitude physique de votre pauvre Krishmer et ce n’est qu’au bout de quelques jours que je découvris un minuscule trou placé là, juste en dessous de notre lit conjugal.
  Ses parents avaient poussé le vice jusqu’à creuser une galerie pour comptabiliser le nombre d’ ébats réalisés et je fus bien sûr… recalé.

  bugsbunny L’ Histoire ne dura donc qu’une saison: ma faible motivation lors de nos rapports ne faisait guère bon ménage avec la folle gourmandise de notre princesse. Il faut dire que huit à dix parties de pattes en l’air par soirée, ne suffisaient pas à rassasier son appétit féroce. Et une chose était indéniable: je n’étais pas à la hauteur…
Elle me quitta donc par un beau matin de décembre, queue et oreilles en berne mais démarche toujours chaloupée.
 Elle retourna chez ses parents me laissant seul avec mes doutes, mes incertitudes: je n’étais décidemment pas un chaud lapin, maman avait raison. 
 

  J’ai du reprendre ma pelle quelques jours plus tard. Elle n’était pas destinée à ex-beau-papa, même si, je ne peux le cacher, l’envie ne manquait pas. Non, si j’ai du la ressortir, c’était pour une tout autre raison… une raison légèrement plus pénale.

 Les représentants de l’ordre étaient là depuis quelques minutes, prêts à me passer leurs marijuana-leaf menottes aux poignets.
  L’odeur de marijuana qui se dégageait du terrier de Bunnyjane avait fini par arriver jusqu’à leurs narines.
  Ils m’obligèrent à retourner tout mon terrain avec le futile espoir d’y découvrir un laboratoire clandestin. J’ai bien cru un moment que les carottes étaient cuites…
  Ce n’est qu’au coucher du soleil que mon innocence fut reconnue après de multiples palabres entre les différents belligérants de l’histoire.

   L025 Je n’ai depuis plus eu de nouvelles des Bunnies-cool.
 

   Il paraîtrait qu’un des policiers se serait amouraché de notre belle Bunnyjane et que toute la famille aurait suivi le panier à salade des bœufs-carottes.
  Vous me direz qu’après une telle aventure rien n’est impossible et qu’un couple aussi mal assorti qu’un poulet et une lapine pourrait très bien fonctionner…
  J’ai retrouvé le sommeil depuis et je vous avouerai bien que la marijuana laissée sur place y est certainement pour quelque chose…
    

                                               Aller… Peace and love, enfin… ça va venir, je le sais.

 

                                                                 fudd rubon781

WIFI HEROES...

 

 

                    cadres_3_800_600

   Déjà fœtus je swinguais.  « Jailhouse rock » passait souvent à la radio et, jazz ou rock, j‘étais preneur. La réception était bonne, non, vraiment très bonne: Il faut dire que chez moi le Wifi n’est pas en option, mais d’origine. Les neuf premiers mois, je captais parfaitement les ondes courtes. Notre ami Charles « se voyait déjà », Jacques « ne voulaitaleatoire_oreille_cest_cool pas qu’on le quitte » et Georges avait déjà une « mauvaise réputation ».
   Un don diront certains, foutaises pour d’autres, juste une histoire de famille peut-être: ma mère avait déjà dissuadé ses parents d’aller passer leurs vacances à Ste Marie Du Mont en Normandie en juin 44, les fréquences saturées lui avaient mis alors la puce à…l’oreille.
  Peu importe: Krishear se moquait à cette époque là du qu’en-dira-t-on. J’avais beau expliquer que mon cerveau fonctionnait comme une  antenne réceptrice, une vraie parabole vivante…
blog   A 3 ans, je recevais toutes les radios des 5 continents réunis. Une cacophonie cérébrale à l’échelle planétaire. Tout, je pouvais vraiment tout capter.

  Rappelez-vous cette triste histoire de Dallas en 63 où JFK perdit bêtement la vie pour un simple malentendu. Un peu attardé, notre tireur d’élite ne devait que simuler un attentat, et n’aurait jamais du atteindre sa cible. Un coup de téléphone malencontreux, parfaitement capté par votre narrateur, vint bouleverser le déroulement du scénario de la CIA. Une jeune femme désœuvrée se trompa de numéro et appela notre bouc émissaire Oswald en pleine action. La mauvaise qualité de la ligne fit le reste : 
 -L‘inconnue:« Tu as tiré ton coup, c’est ça et puis basta ? »silence-k_m
 -Oswald:« Tirer un coup ? » 
  -I:« Oui t’as bien tiré sur la capote hein ? »
 -O:« La capote ? De la Lincoln ? »
  -I:« Oui c‘est ça!! Minable !! » 
 -O:« Mais je croyais que c’était juste pour l’intimider… »
  -I:« Juste pour se soulager le barillet oui !!! »
 -O:« Tout le barillet ? Pas cap de tirer, moi ?  Mais bien sûr que si et la capote est abaissée alors…
  -I:« Bon je me tire, c’est fini, notre histoire s‘achève …OK ! »
 -O:« Que je tire ? Le finir ? Achever l’histoire ? OK »

    Ma plus grande fierté parce que la plus éloignée: l’incroyable  21 83292397_5e4783cb20juillet 69. Je ne captais pas l’émission retransmise mais bien le message original: je n’écoutais pas le faible haut parleur du poste noir et blanc mais percevais très distinctement les paroles d’Armstrong posant son pied sur la lune. « C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité.». La censure était déjà très active à l’époque puisque la suite du message avait été censurée. Mais Krishear avait tout entendu: « Son of a bitch ! I’m walking in the491 shit ! »

 En d’autre terme, il avait marché dedans. Nous n’étions donc pas les seuls dans cet Univers… Et la lune servait bien de latrine  pour nos petits hommes verts !  

           Ma fin était programmée lorsque ce fameux 11 septembre, l’impensable courut jusqu’à mes pavillons et pied à l’étrier frappa du marteau très fort sur l’enclume. La réception des messages world_trade_center envoyés aux pilotes de ligne était parfaite et leur contenu à la hauteur de l’événement. Les échanges avec les contrôleurs aériens étaient vifs et passionnés: « Trop à droite ! » pour le premier puis « trop à gauche ! » pour le second, suivi d’un: «  deux transformations ratées: c’est la  poisse ! » 

   Au troisième temps, le message semblait plus revanchard: « le placage du 93 est fort bien réussi: mêlée au centre ! ». Le quatrième et dernier message enregistré était sans appel: «  essai transformé: 7 à 0, le Pentagone s’incline… ».

  C’était donc LA fois de trop. Annoncer au média que tout ce capharnaüm n’était du qu’à la folie dePfilm94422072248845 quelques contrôleurs aériens et hauts fonctionnaires américains, fanatiques d’un sport des plus virils: ils ne pouvaient me le pardonner.

 Et pour finir, me voilà maintenant, entouré de tous mes amis, ceux partageant ce même don, ceux pour qui la lecture du monde diffère des normes autorisées. Il y a le Gérard dit « the Double Van Gogh » , appelé ainsi car il a préféré se les couper toutes les deux plutôt que de subir ça. Il y a la Ginette dit la bœuf-carotte, branchée 24h sur 24h sur la fréquence des keufs comme elle dit, il y a… Oui, il y a. Voilà toute ma vie.
  camisole

  Et toutes ces camisoles alignées, et toutes ces drogues ingurgitées… Et tous ces regards vétus de blanc, si désobligeants. C’en est fini de ma liberté: c’est décidé, ce soir je me débranche, je m’aligne sur cette fréquence demandée quitte à me perdre un peu plus… Ce soir est un autre soir, ce soir… Non, je ne peux m’y résoudre.
BIP….___________________________________________.
   

                                      arton299